Droit à l’image, deepfakes et vie privée en droit polonais

Mise à jour : 11 juin 2026

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La publication non autorisée d’une image, vidéo ou représentation générée par IA peut porter atteinte à l’image, à la vie privée, à la réputation et parfois à la sécurité de la personne concernée.

En bref

  • Question centrale : la personne est-elle identifiable et l’usage est-il autorisé ?
  • Point important : original, URL, date, portée et contexte doivent être conservés.
  • Les deepfakes exigent une réaction rapide avant leur duplication.

01. Image et consentement

La diffusion de l’image d’une personne nécessite souvent son consentement, sauf exceptions limitées. Le contexte, le but, la visibilité et le caractère commercial sont déterminants.

Une ancienne photo peut aussi poser problème si elle est utilisée dans un nouveau contexte non autorisé.

02. Deepfakes

Les contenus manipulés peuvent créer une impression fausse et porter atteinte à la réputation ou à l’intimité. Il faut prouver la diffusion et, si possible, la manipulation.

Les plateformes doivent parfois être contactées rapidement, mais seulement après conservation de la preuve.

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Lorsqu'un délai doit être respecté, qu'une procédure doit être préparée ou que les documents proviennent de plusieurs pays, une première analyse structurée est utile. Décrivez les faits, les personnes concernées et les pièces disponibles.

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03. Demandes possibles

On peut envisager retrait, interdiction de diffusion, excuses, indemnisation, signalement à la plateforme ou, dans les cas graves, plainte pénale.

La demande doit identifier précisément le contenu et l’atteinte.

04. Erreurs fréquentes

La suppression sans preuve est le risque principal. Une réaction publique mal préparée peut augmenter la diffusion.

Il faut d’abord sécuriser, puis agir de manière ciblée.

Le droit à l’image en droit polonais

Le droit à l’image est protégé en Pologne à la fois par la protection des droits de la personnalité du Code civil et, de manière spécifique, par la loi sur le droit d’auteur. Selon celle-ci, la diffusion de l’image d’une personne suppose en principe son consentement. Le but de la publication, le contexte, l’identifiabilité de la personne et le mode de diffusion sont déterminants.

La loi prévoit toutefois des exceptions. Un consentement distinct n’est en règle générale pas requis pour les personnes notoirement connues lorsque l’image a été réalisée en lien avec l’exercice de leurs fonctions publiques, ni lorsque la personne représentée ne constitue qu’un accessoire d’un ensemble plus large, par exemple lors d’un événement, d’un rassemblement public ou d’un paysage. Ces exceptions s’interprètent de manière stricte.

Le consentement est lié à sa finalité : accepter l’usage d’une photo dans un contexte donné ne vaut pas acceptation de tout autre usage, en particulier publicitaire ou dégradant. Pour un usage publicitaire, dans des situations sensibles ou pour des contenus sexualisés, le seuil juridique doit être examiné avec une rigueur particulière. Après le décès d’une personne, ses proches peuvent en outre agir contre certaines atteintes.

Deepfakes : qualification juridique

Un deepfake porte en règle générale atteinte à plusieurs droits protégés à la fois : le droit à l’image, l’honneur et la réputation, la vie privée et la protection des données personnelles. L’essentiel est de savoir si le contenu rend la personne identifiable et quelle impression il produit sur le public — même lorsqu’il est techniquement perceptible qu’il s’agit d’une manipulation.

Les manipulations sexualisées ou attentatoires à l’honneur sont particulièrement graves. Elles peuvent non seulement ouvrir des recours civils, mais aussi, selon le contenu, relever du droit pénal, par exemple en lien avec la diffamation, la menace, la contrainte ou la diffusion de représentations intimes. À l’échelle européenne, des obligations de transparence et de marquage des contenus artificiellement générés ou modifiés viennent compléter le cadre juridique.

L’identification des responsables est souvent difficile pour les deepfakes, car les contenus sont mis en ligne de manière anonyme, dupliqués et rapidement rediffusés. Une conservation précoce et complète des preuves ainsi qu’une démarche structurée à l’égard des auteurs et des plateformes en sont d’autant plus importantes.

Protection des données : image et voix comme données personnelles

Outre le droit à l’image et à la personnalité, le droit de la protection des données est souvent applicable. Une photo ou une vidéo sur laquelle une personne est identifiable constitue une donnée personnelle. Les caractéristiques du visage ou de la voix peuvent en outre relever d’une catégorie particulière de données lorsqu’elles sont utilisées pour identifier une personne de manière unique.

Les personnes concernées peuvent donc faire valoir des droits relevant de la protection des données, par exemple l’accès, l’effacement ou l’opposition à un traitement déterminé. En Pologne, une réclamation auprès de l’autorité de contrôle en matière de protection des données peut également être envisagée. Les voies « protection des données » et « droits de la personnalité » se combinent ; l’approche prioritaire dépend de l’objectif et de l’atteinte concrète.

Les demandes en détail et le bon ordre

En cas d’utilisation illicite d’une image ou de deepfake, plusieurs demandes sont envisageables : la cessation des atteintes ultérieures, la suppression des effets y compris le retrait du contenu, une rectification ou des excuses, une indemnité pour le préjudice moral ou un versement à une cause sociale et — en cas de préjudice patrimonial mesurable — des dommages-intérêts selon les règles générales.

Pour arrêter rapidement la diffusion, une mesure judiciaire d’urgence peut être utile, permettant d’obtenir un règlement provisoire pendant l’examen de la demande au fond. En parallèle interviennent le signalement aux plateformes concernées et, dans les cas graves, une plainte pénale.

Une démarche graduée est généralement efficace : d’abord la conservation complète des preuves, puis la qualification juridique, ensuite le retrait rapide et la mesure d’urgence, enfin la mise en œuvre des autres demandes. Chaque demande doit être précise et indiquer l’adresse, le contenu, l’atteinte et l’acte concrètement visés.

Images de mineurs et cas particulièrement sensibles

Pour les images de mineurs, les exigences sont plus strictes. La publication relève en principe des représentants légaux, et la finalité de l’usage doit être examinée avec un soin particulier. Cela concerne notamment les photos scolaires, associatives et sportives, mais aussi la rediffusion d’images par des tiers sur les réseaux sociaux.

Les représentations sexualisées de mineurs sont pénalement extrêmement graves et doivent être signalées sans délai aux autorités compétentes ainsi qu’à la plateforme concernée. Chez les adultes également, la diffusion non consentie d’images intimes est particulièrement grave et peut entraîner des conséquences pénales, civiles et relevant de la protection des données.

Dans de tels cas, il faut agir vite mais de manière ordonnée : sécurisation immédiate des preuves, signalement urgent en vue du retrait et, si nécessaire, intervention des autorités de poursuite. Nous vérifions dès le départ quelles mesures engager en priorité pour arrêter la diffusion et préserver les droits de la personne concernée.

Dossiers transfrontaliers et plateformes

Les images et les deepfakes se diffusent souvent via des plateformes établies hors de Pologne. Dans ces cas, la compétence internationale, la communication des données d’utilisateurs et l’exécution d’un jugement ultérieur s’apprécient séparément. Au sein de l’Union européenne, des règles-cadres facilitent la démarche.

Le cadre européen des services numériques impose aux plateformes des procédures de signalement et de réclamation lisibles. Ces procédures permettent de demander le retrait des contenus illicites ; les preuves doivent toutefois être sécurisées au préalable, car le contenu n’est souvent plus accessible après suppression. Pour les personnes lésées résidant à l’étranger francophone, nous coordonnons la démarche avec le droit qui y est applicable.

La conservation de la preuve pour images et vidéos

Pour les images, les vidéos et les deepfakes, la conservation soigneuse des preuves est essentielle, car ces contenus sont particulièrement vite supprimés, dupliqués ou transférés sur d’autres plateformes. Doivent être conservés le contenu d’origine, l’adresse Internet complète, la date de publication, le profil ou le compte du responsable ainsi que les indications de portée et de nombre d’accès.

Pour les contenus manipulés, il faut en outre documenter le contexte de diffusion et l’impression produite sur le public. Dans la mesure du possible, les prises de vue originales et le contexte de la retouche devraient également être conservés. Dans les cas plus graves, un constat ou une documentation technique, fixant l’état d’une page à un instant donné, est envisageable.

Le signalement à la plateforme ne devrait intervenir qu’après la conservation complète des preuves, le contenu n’étant ensuite souvent plus accessible. Une documentation ordonnée facilite non seulement le retrait, mais aussi la mise en œuvre judiciaire ultérieure et l’identification de la personne responsable.

Questions fréquentes

Mon image peut-elle être publiée sans accord?

Cela dépend du contexte et des exceptions, mais l’accord est souvent nécessaire.

Que faire face à un deepfake?

Conserver les preuves, identifier les responsables possibles et demander rapidement le retrait.

Puis-je obtenir une indemnisation?

Oui dans certains cas, si l’atteinte et ses conséquences sont démontrées.

Les deepfakes sont-ils punissables en Pologne ?

Selon le contenu, oui. Les deepfakes sexualisés ou attentatoires à l’honneur peuvent relever du droit pénal, par exemple en lien avec la diffamation, la menace ou la diffusion de représentations intimes. S’y ajoutent des recours civils et relevant de la protection des données.

Puis-je obtenir un retrait rapide ?

Souvent oui. Outre le signalement à la plateforme, une mesure judiciaire d’urgence peut être envisagée pour arrêter la diffusion pendant l’examen de la demande au fond.

Ce guide présente des informations générales et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé. Les délais, la compétence juridictionnelle et le droit applicable doivent être vérifiés dans chaque dossier.

Remarque : « avocat » est utilisé ici uniquement comme traduction descriptive du titre professionnel polonais « radca prawny » et n’implique aucune inscription à un barreau.